Rafaël Yaghobzedeh
Habibi Révolutions
Intitulé ainsi "Habibi", le sobriquet que les jeunes Egyptiens et Tunisines utilisent pour s'interpeller affectueusement.
Cette exposition composée de 24 photographies couleurs, illustre le courage, la bravoure et la mobilisation de ces jeunes Tunisiens et Egyptiens qui ont bravés l'interdit pour réclamer leurs libertés.
“ Je suis arrivé à Tunis cinq jours après la chute du Président Ben Ali et la révolution continuait chaque jour, les gens exprimaient haut et fort leurs droits. Ce parfum de révolte m'a donné l'envie d'aller plus loin et de voir de plus près la Place Tahrir au Caire. J'ai demandé à un collègue photographe plus âgé que moi s'il pouvait m'avancer les frais pour un vol simple pour le Caire. Au Caire la Presse était de plus en plus sous pression et les appareils étaient confisqués dés l'aéroport. Munis d'un seul boitier et d'un seul objectif, j'ai dit aux douaniers que je venais profiter des plages de Sharm el Sheikh à bas prix! Une fois sur la Place Tahrir j'avais l'impression de vivre l'Histoire au plus prés avec tous les photographes qui m'ont toujours fait rêver. Le jour où le Président Hossni Mubarak à quitter le pouvoir, la scène était surréaliste, l'excitation à son paradoxe!
J'ai crié avec eux "Hallah O Akbar" en me disant, ils ont réussis, Ils sont heureux, Ils le méritent! “
Rafael Yaghobzadeh né en 1991 a grandit dans une famille de journaliste.Il reçoit son premier appareil-photographique à l'âge de 12 ans. Etudiant en Histoire et Pigiste, Rafael reste attentif à l'actualité.
Rafael à 20 ans, le même âge que ces jeunes qui courent au devant des rues barricadées, c'est ce regard cette même énergie cette même ferveur qui donnent aux photos de Rafael cette émotion et la force créatrice de ses 20 ans.
Zia Zeff
La Moitié Cachée: Les femmes au Yémen
Le Yémen est le pays le plus pauvre de la péninsule arabique et est politiquement très instable.
Bien qu'il possède du pétrole comme ses voisins riches, il n'a pas su se moderniser et a vu ses gisements se perdre aux mains de compagnies pétrolières internationales.
Jusqu'en 1962, lorsque l'Imam fut dépossédé de ses fonctions de roi absolu, le Yémen était l'un des pays les plus reclus au monde.
Le Yémen, pays démocratique, possède à sa tête depuis plus de 31 ans le même président omniprésent M. Ali Abdullah Saleh.
Les violences faites aux femmes y sont encore malheureusement courantes: violences conjugales, crimes d'honneur, mariages de petites filles ( 50% des femmes y sont mariées avant l'âge de 14 ans), répudiations ( les femmes finissent dans la rue à mendier et se prostituer), viols impunis, excisions et autres mutilations féminines...
Je suis allée au Yémen durant l'hiver 2010, dans l'idée d'être témoin de la vie des femmes dans un pays musulman ultra-conservateur. Au moment où la France et la Belgique sont en effervescences sur la question du port du voile intégral, la burqa et le niqab, j'ai essayé de comprendre comment vivent ces femmes qui n'ont pas le choix, dans un pays où la moitié de la population est cachée sous d'épais voiles noirs : Plongée dans l'Islam profond.
Ce fut une expérience très enrichissante tout d'abord en tant que femme occidentale 'libre', j'ai tenu à respecter les coutumes et ai porté le voile afin de me forger une opinion sur ce sujet brûlant. Voir le quotidien de ces fantômes des rues de l'Arabia Félix est un vrai challenge car l'image, le nom même, des femmes est tabou dans la société yéménite. Ce n'est qu'avec beaucoup de persévérance que j'ai découvert ces femmes de l'ombre; après maintes rencontres timides où j'ai du faire preuve de respect et d'amitié afin de mériter l'intimité de leur vie cachée, à l'intérieur des jolies maisons yéménites... 
Loin, sont les jours où les femmes du Yémen, habillées de jeans et tee-shirts tenaient la Kalachnikov des militantes socialistes de la République du sud Yémen; 20 ans après la réunification tout le pays a adopté les moeurs ultraconservatrices du nord et les beaux habits chatoyants que vendent les boutiques branchées du Qatar dans les rues de la capital Sanaa, sont dissimulés sous le masque féminin de l'Islam. Le port du voile intégral, de plus en plus à la mode, est malheureusement un des symptômes de la radicalisation gagnant le monde musulman.
Malheureusement, en occident les préjugés résument trop souvent ces femmes à de simples voiles, aux mariages forcés et aux violences. Les News internationales et la paranoïa contre les terroristes islamistes, ne nous donnent pas le temps de comprendre la réalité des sociétés musulmanes. Car elles sont plus que des mères, des épouses ou des filles, mais des femmes intelligentes et fières, citoyennes de notre planète ayant des droits fondamentaux. Je vous invite donc à rencontrer, au coeur de cet Islam, quelques-unes de ces représentantes dans leur diversité et leur beauté.
Elisabeth Zeilon
Oh Donne!
"Donne ch´avete l´intelletto d´amore".
Sous cette rubrique et inspirée par Dante Alighieri, ma série de photos illustre quelques destinées du monde de l´opéra, un monde où les femmes partagent loyauté, courage, sagesse et passion.
Elisabeth Zeilon est née en 1957 à Stockholm en Suède. Elle travaille aussi bien du côté commercial qu´artistique aux USA, GB et en Suède depuis 1983.
Elle habite et travaille à Stockholm.
ZEP de Soyaux
Affichage Urbain
Le projet ‘‘Affichage Urbain’’ a été mené sur une durée de sept mois, dans le cadre des actions spécifiques d'éducation artistique soutenues par la DRAC (Ministère de la Culture et l'Education Nationale, l'association ADN (Art dans la nature) et son école d'art le Pac'bô qui ont invité l'artiste plasticienne Magali Garnier à le développer à destination des élèves du collège R. Rolland et de l'école J. Monnet du RAR (Réseau Ambition Réussite).
Ce projet invitait les élèves à prendre les arts plastiques comme moyen d’expression, utilisé pour donner leur ‘‘vision du monde’’ et plus particulièrement leur regard sur les transformations en cours au sein de leur quartier dans le cadre de l’ORU.
Il s’agissait de créer une affiche en utilisant la technique du photomontage, hérité de la tradition du collage dans l’histoire de l’art (cubistes, Dada, situationnistes, art contemporain), d’associer des éléments hétéroclites (tirés de magazines, photocopies, photographies, dessins, peinture...) pour composer une nouvelle image. L’affiche ainsi créée devait faire sens, ‘‘raconter une histoire’’, et ‘‘illustrer’’ un point de vue qui pouvait être humoristique, onirique (surréaliste), critique ou élogieux.
La composition devait s’agencer tout d’abord en deux dimensions (collage sur papier) et pouvait finalement être déclinée sous forme de maquette où les éléments du collage devaient être ré-agencés en différents plans dans un espace tridimensionnel, dont la photographie constituerait le visuel de l’affiche.
Les affiches finales sont concrétisées par des tirages numériques, les originaux (collages) et les maquettes ont en effet été scannés ou photographiés, transformés en fichiers numériques, subissant parfois au passage quelques modifications, sur lesquels les enfants ont pu insérer de la typographie (titre, slogan)...
BarrObjectif 2011
Visite panoramique à 360°de l'édition 2010
Stéphane Charbeau, photographe, nous offre ces vues panoramiques à 360° de l'édition 2010 de notre festival sur le site http://barrobjectif2010.panoglobe.com/
Vous avez jusqu'à dimanche prochain pour venir visiter cette très belle onzième édition et profiter de son ambiance inimitable !
Inauguration et programme du festival
A venir :
Vendredi 24 septembre à 20H30 : visite nocturne des expositions commentée par Pierre Delaunay.
Samedi 25 septembre dans la salle des fêtes de Barro à 20H30 : "pot pourri" photographique. les photographes présents vous présenteront leurs images exposées à Barro.
L'inauguration du festival aura lieu le dimanche 19 septembre à midi en présence de Patrick Bard, l'invité d'honneur de cette onzième édition.
Programme des soirées durant le festival
Samedi 18 septembre à 20H30 : soirée projection photos avec Patrick Bard autour de son exposition sur les « femmes sacrifiées du Guatemala »
Dimanche 19 septembre à partir de 17 heures :
Hommage au Mahatma Gandhi pour le
80ème anniversaire de la Marche du Sel (1930-2010)
autour de l’exposition de photographies
MINES DE SEL
17h – Spectacle, "Le grain de sel de la conteuse"
Pour petits et grands à partir de 5 ans
En ouverture de soirée, Catherine Abraham, conteuse, vous emmènera dans ses voyages aux saveurs épicées et tropicales. Embarquez avec elle jusqu’en en Inde et en Afrique pour commencer à vous imprégner de ces contrées parcourues par Gandhi et les photographes lors de leur expédition.
Catherine Abraham a découvert l'univers du conte il y a dix ans. Elle en savoure ses bienfaits au quotidien. Elle conte régulièrement dans les crèches, écoles, collèges, maisons de retraites, et bibliothèques.
Elle participe à des manifestations comme le Rallye conté ou la Nuit des musées. Le conte l'a amenée à suivre une formation en Arthérapie dont elle est diplomée depuis 2009.
Elle anime des ateliers contes auprès de femmes et d'adolescents en région parisienne.
Elle a présenté son tout nouveau spectacle de contes d’Afrique Noire, « Le secret des herbes », à Paris le 9 septembre dernier.
18h – Présentation de l’exposition MINES de SEL de Catherine GAUDIN et Seydou TOURÉ en hommage aux 80 ans de la Marche du Sel de Gandhi, avec conférence à l’appui.
Conférence
Daniel Chocron, commencera par faire une présentation de la Marche du Sel de Gandhi, démarche à la fois de liberté et de dignité de l'homme qui confirme le dirigeant indien dans son rôle de pacifiste humaniste responsable.
Historien et plus particulièrement du cinéma, conférencier, animateur de ciné-club dont le MK2 à Paris, homme de radio et de télévision (producteur et animateur de la collection les Cafés, producteur à L'Autre Film, de documentaires, de portraits d'artistes et de musiciens).
Projection commentée, photos et vidéos
Catherine Gaudin et Seydou Touré, voyageurs photographes et cinéastes, vous présenteront la totalité des photographies de leur nouvelle exposition "Mines" de sel, ainsi que des vidéos.
Ils vous raconteront ainsi leur dernière expédition aux fins fonds de l'Inde, au Gujarat et au Rajasthan, ainsi qu'au Sénégal, au Lac Rose, qui leur a permis de rencontrer les travailleurs du sel d'aujourd'hui, descendants de ces forçats pour lesquels Gandhi n'avait pas hésité à s'élever en 1930 contre l'exploitation terrible dont ils étaient victimes...
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Patrick Bard, invité d'honneur de l'édition 2010
C’est avec grand plaisir que nous accueillons Patrick Bard en tant qu’invité d’honneur de cette onzième édition de BarrObjectif.
Patrick Bard est né en 1958 à Montreuil-sous-Bois. Photojournaliste, romancier, écrivain-voyageur, il a notamment travaillé sur la banlieue, les frontières et les routes. Son premier roman, « La frontière », a reçu le prix Michel Lebrun (2002), le prix Brigada 21 (Espagne, 2005) et le Prix ancres Noires 2006. Membre de la Maison de photographes signatures-photographies.com, il mène un travail personnel sur la problématique de l’eau en Amazonie et sur les peuples autochtones des Amériques. Son travail photographique a été exposé au Centre Pompidou, à la Grande Halle de la Villette, mais aussi au Mexique, en Espagne, en Angleterre, aux États-Unis…
Avec son épouse, Marie-Berthe Ferrer, il arpente l’Amérique Latine depuis de nombreuses années. Ses œuvres ont été acquises par plusieurs musées et collections privées.
Son exposition, présentée pour la première fois à BarrObjectif, s’intitule « femmes sacrifiées du Guatemala »
Au 31 décembre 2008, plus de 3 500 femmes avaient été assassinées au Guatemala depuis 2000. Parce qu’elles étaient des femmes. Un crime qui porte un nom : le fémicide. Violées, torturées, abattues - parfois pour voler leurs enfants -, victimes de violences de tout type, les femmes du Guatemala sont surexposées à la folie meurtrière des hommes, au point qu’en mai 2008, le président Alvaro Colom nouvellement élu a fait adopter une loi qui fait du « crime de genre » une circonstance aggravante en cas d’homicide. Comment en est-on arrivé-là ?
1978 : le général Lucas Garcia arrive au pouvoir. Les peuples Mayas représentent plus de la moitié des 8 millions de Guatémaltèques. Affamés, ils réclament des terres dont ils ont été spoliés. Les militaires préfèrent la voie du sang à celle du partage. Sur plus de 4 millions d’indigènes, 250 000 sont exterminés au prétexte d’une lutte anti-guérilla. 640 communautés Mayas sont rayées de la carte. L’armée combat son propre peuple. Ces massacres sont accompagnés de campagnes de viols planifiés. De 40 à 50 000 femmes sont abusées, réduites en esclavage sexuel dans des casernes. Sur 5 victimes des violences du conflit, 4 sont des femmes. 1996 : l’armée dépose les armes. Les casernes sont démantelées. Les militaires regagnent les villes et se recyclent par milliers : entreprises de sécurité privée, police, crime organisé. Les passerelles entre ces trois domaines sont nombreuses et la police est corrompue et violente. À partir de la fin des années 90, les cartels mexicains s’installent au Guatemala. Les gangs, les « Maras », venus des USA, s’enracinent en Amérique Centrale. Ils ont le meurtre pour rite d’initiation et tuent les femmes du gang d’en face pour attenter à la virilité de l’ennemi. Tout comme l’armée avec les Mayas.
Si la guerre est finie, le corps des femmes demeure un champ de bataille. Une vague de violence fémicide frappe désormais le pays, surtout en milieu urbain, et surtout les femmes des milieux modestes, plus exposées. Le sinistre décompte commence en 2000. Avant, la statistique ne distinguait pas le sexe des victimes d’homicides. Au Guatemala, à peine 2% des meurtres sont punis. Qui tue les femmes ? En 2005, les ONG ont étudié la typologie des fémicides, attribuant 27% des meurtres au « Maras » et 22% à la violence domestique. Reste 51% des assassinats inexpliqués, la majorité. Impossible de ne pas penser à ces psychopathes formés au massacre, au viol, relâchés dans les villes, sous un uniforme de policier, de vigile, recyclés en narcotrafiquants. Difficile de ne pas évoquer un continuum entre politique génocidaire (une procédure pour actes génocidaires est en cours en Espagne contre les responsables du conflit) et fémicide contemporain. Ici, les femmes meurent. Parce qu’elles sont des femmes. Mais elles résistent aussi. Un combat difficile, car 2010 sonne comme le sinistre anniversaire de l’ouverture d’une « chasse aux femmes » sans précédent en Amérique Centrale.
Patrick Bard & Marie-Berthe Ferrer
BarrObjectif, c’est aussi bien sûr plus d’une quarantaine d’expos photos qui vous permettront de voyager, au gré des expositions et de vos envies, dans des univers très variés.
Bref, un grand crû 2010 en perspective !
Consultez régulièrement ce blog pour plus d’informations.
Liste alphabétique des photographes 2010:
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- Alidjra Lucie
- Allaman Stéphane (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Baglin François
- Bard Patrick (invité d’honneur)
- Barrau Denis
- Batais Bernard
- Bonnot Jérôme
- Bonvissuto Silvana
- Bourdier Jean-Frédéric
- Bourdier Jean-Paul
- Brihat Brigitte
- Brosse Marie-Lou
- Caillaud Benjamin
- Célarié Pomme
- Charbeau Stéphane
- Chauveau Nicolas (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Coste Pierre-Emanuel
- Cuquel Maurice
- Cuvelier Maris-Laure
- Dalais Emanuel
- Delaunay Pierre
- Dubois Anthony (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Dunand Landry
- Faugère Franck (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Fermariello Olivier (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Gasiorowski Romek
- Gaudin Catherine et Touré Seydou
- Geoffroy Alain
- Giroudon Baptiste (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Gomet Camille
- Guillon Jean-françois (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Guillou Jean-Daniel
- Hervé Sébastien (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Laforge jean-Christophe
- Legay Hélène
- Liliroze (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Lucas serge
- Martinengo Luigi
- Mazère Philippe
- Pêcher Philippe
- Perrocheau Romain
- Petit Maxime
- Pinganaud Théo
- Quittemelle Pascal
- Roget Michel
- Simon Fabrice
- Stefanek Maria
- Tany Kely
- Torset Pierre
- Toussaint Laurence (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Truffandier Gérard
- Vallée Christian (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Zanier Luca (lauréat des photographies de l’année 2010)
- Zia Zeff
François Baglin
"Pour un sourire d’enfants"
Décembre 2008 – Phnom Penh, Cambodge.
ONG fondée en mai 1996 par Christian et Marie-France Des Pallières. Pour un Sourire d'Enfant (PSE) a été créé pour venir en aide aux enfants vivant sur la décharge municipale de Phnom Penh. Depuis ces débuts l'ONG travaille dans une structure appelée la Paillote, située à proximité du dépotoir. PSE y distribue toujours des repas et y prodigue les soins médicaux de bases à l'attention des petits travaillant sur cette montagne d'ordures.
Afin de donner un avenir à ces enfants, PSE a construit en 1997, un centre de rattrapages scolaires et de formations professionnelles. Le centre PSE est plus qu'une école, c'est un lieu où les élèves retrouvent leur condition d'enfants et d'adolescents, sans agression ni exploitation de la part des adultes qui les entourent.
Douze ans après sa création, l'ONG a étendu sa mission aux enfants les plus défavorisés de la capitale cambodgienne : chiffonniers des rues, jeunes prostitués, tous ces enfants laissés pour comptes, livrés à eux même dés leurs plus jeunes âges, qui sans PSE et sans les ONGs en général sont exploités par des mafias locales.
Le centre situé à quelques centaines de mètres de la décharge accueille aujourd'hui plus de 2200 élèves. PSE permet aussi à 3900 enfants de l'extérieur un accès à l'école, grâce au développement de cours de rattrapage au sein des écoles publiques. De plus. les cuisines du centre prépare chaque jour environ dix milles repas qui sont distribués à la paillote mais aussi dans des écoles publiques.
Les élèves du centre PSE sont repartis en douze niveaux scolaires correspondant aux classes de CP à la terminale. Le centre est divisé en plusieurs écoles.
-L'école d'hostellerie-restauration ouverte en collaboration avec l’École de Lausanne permet aux jeunes d'être formés à la cuisine, à la boulangerie, à la réception, au service en salle et au service de chambre. Le restaurant Le Lotus Blanc ouvert au sein du centre, permet aux futurs professionnels de s'exercer concrètement à leur métier.
-Une seconde école s'occupe de la formation de managers hôtelier.
-L'école des métiers du bâtiment comprend des sections d'électriciens, de plombiers, de carreleurs et de peintres.
-Une école de coiffure et de soins du corps à également été créée.
-En association avec Noroto, le réseau de garagiste européen, une école enseigne la mécanique, permettant par la même aux futurs mécaniciens de passer leur permis de conduire, ce qui facilite leur embauche comme chauffeur-mécanicien dans l'une des 5000 familles d'expatriés qui habitent Phnom Penh.
-Des agents d’entretien d’espace vert sont formés au sein d'une école qui leur donne accès à une qualification en gardiennage et en entretien des piscines.
-Un établissement donne des cours d'assistante maternelles, un autre, forme des employés de maison polyvalents.
-Une autre encore forme des programmateurs informatiques. Cette dernière intégrera dans les prochaines années des formations d'analyste programmateur, de chef de projet informatique et de codeur.
Pour accéder à l'une de ces formations, les étudiants doivent tous passer par un an de prépa. L'orientation se fait a partir de l'âge de dix sept ans, ce qui permet aux étudiants d'être majeur durant leur stage qui se déroule l'année suivante.
Le cursus professionnel prépa inclus, est en moyenne de trois ans, dix huit mois pour les jardiniers.
Certains plus doués choisissent d'entrer à l'université ou dans les écoles d'ingénierie après leur obtention du baccalauréat.
C'est le cas de Vouch Meng Leng qui fut mon guide tout au long de la visite du centre, âgée de dix-neuf ans, qui a intégré l’année précédente, la faculté cambodgienne de médecine. Elle est arrivée à PSE à l'âge de neuf ans, après avoir passé son enfance à fouiller les détritus de la décharge pour trouver de quoi survivre. Aujourd'hui, c'est une jeune femme rayonnante, en deuxième année de médecine, qui parle couramment anglais et français. Elle fut mon guide durant la visite du centre. C'est avec un grand sourire et beaucoup de patience qu'elle m'a présenter les différentes partis du centre, en prenant soin de vérifier si je comprenais bien se dont elle me parlait. Meng a passé deux heures à m'expliquer par où elle était passée pour en arriver où elle est aujourd'hui. Elle m’a aussi fait comprendre la gratitude qu'elle a à l'égard de Papy et Mamy, c'est ainsi qu'elle appelle les époux de Pallières. Se fut une rencontre magique!
Meng n'est pas un cas unique, PSE finance les études supérieures d'environ 110 jeunes, dans des domaines divers, allant de la médecine au commerce en passant par les sciences économiques, les lettres, les médias, l'agronomie et le droit. Les universités sont choisies par PSE en fonction de leurs niveaux et de leurs taux de réussite, les facultés d'état sont par conséquent privilégiées. Le financement d'une licence en quatre ans par PSE est soumis à la condition que les élèves obtiennent une bourse d'étude de la part de l'état cambodgien, sauf pour la médecine pour laquelle des résultats excellents et une grande motivation suffisent. PSE prend en charge les frais et les fournitures scolaires bien sûr, mais pas seulement, le financement couvre aussi les frais de transport, le logement en foyer étudiant si le besoin est la nourriture.
« Se n'est pas le tout de leurs permettre d'entrer à l'université s'ils n'ont pas de quoi manger ou qu'ils n'ont pas les moyens de s'y rendre », témoigne Marie-France des Pallières.
Les responsables de l'ONG sont très vigilants sur les embauches proposées à leurs élèves, surtout pour les étudiantes en soins du corps.
Marie-France des Pallière m'avoue: « Nous ne les sortons pas de la prostitution pour qu'elles y retournent ».
'L'équipe entreprise’est chargée de trouver des sociétés fiables susceptibles de prendre les jeunes à leur sortie du système PSE, cette entité s'appuie sur un réseau de 2000 entreprises au Cambodge.
Le centre PSE embauche 450 cambodgiens dont certains parents d'enfants scolarisés. Les pères s'occupent des espaces verts ainsi que de l'entretien général du centre. Certaines des mères sont recrutées pour confectionner les uniformes de leurs bambins. PSE leur signe des contrats de six mois, cela peut paraître court et précaire, mais le but est que toutes les familles vivant sur la décharge profitent de ces emplois. Le souci est de ne pas privilégier tel ou tel famille. Pour les familles qui font le choix d'envoyer leurs enfants au centre, il y a perte de revenus. Les enfants qui sont au centre ne sont plus sur la décharge a collecter les ordures, qui sont ensuite vendues. PSE a donc mis en place en collaboration avec l'aide alimentaire mondiale, un système donnant-donnant : Qu'en l'enfant est présent au centre les parents perçoivent une équivalence du revenu perdu sous forme de riz. Ce qui permet aux enfants d'être éduqués sans que cela nuise au reste de la famille.
PSE a ouvert deux autres centres sur le même modèle, l'un à Siem Reap près des temples d'Angkor, un autre dans le sud à Sihanouk Ville, la principale ville balnéaire du pays.
Le financement de ces projets se fait en grande partie grâce aux dons de particuliers, ainsi que ceux de certaines collectivités locales. PSE en collaboration
d'autres ONGs.
Si par hasard vous êtes de passage au Cambodge n'hésitez pas à passer par le centre PSE et vous y découvrirez un havre d'humanité et d'espoir dans ce pays encore miné par la corruption, l'illettrisme et la pauvreté.
Pour plus de renseignement rendez vous sur le site de PSE.
Denis Barrau
"Des hommes et leurs métiers"
A partir de ses archives des années 69 / 79 en noir et blanc, Denis Barrau a entrepris de mettre en avant "Des hommes et leur métier".
Des métiers qui ont évolué ou qui ont été transformés par l'application de règles plus strictes et l'influence de la mondialisation.
Cette fois-ci, parmi ces métiers -avec quelques gestes oubliés- les marchés de détail, qui étaient alors à côté de la source productive.
A cette époque, les petits paysans, établis localement, proposent : fromages fermiers, œufs, légumes, animaux vivants à sacrifier. On y voit aussi les "voyageurs" -descendants motorisés des colporteurs- qui apportent de la toile, des vêtements, des fripes.
Nous sommes au centre de la France. Les super marchés n'ont pas encore tissé leur maillage dans le pays, en se partageant les "zones de chalandise".
Mais les marchés paysans existent toujours ! Et même, reprennent de l'importance par intérêt économique et pour offrir à nouveau l'opportunité d'un brassage, des occasions de rencontre et de contact humain.
Mais en trente ans qu'est-ce qui a changé ? Et quelles sont les constantes ?
A vous de voir ! En vrac : les légumes maintenant revendus et venant de loin, car les terres vivrières locales ont été transformées en quartier de lotissement, les femmes osant le short en public, la bonne sœur voilée, la vendeuse congolaise et sa pacotille, la fille d'origine algérienne née en France, l'étonnement des enfants de la ville, les animaux achetés vivants et qu'il faudra tuer, vider, écorcher, le vêtement ou le fromage apprécié en pleine rue…
Cinq bandes à regarder image par image puis globalement pour savoir répondre : "- alors, rien n'a changé ? "


























