BARROBJECTIF

9 ème édition du festival de photo-reportage du 20 au 28 septembre 2008

25 mai 2008

La charente Libre; lundi 21 septembre

BARROBJECTIF: «CIRCULEZ, Y'A PLEIN DE CHOSES À VOIR !»

Inauguration hier du festival de photo-reportage à Barro. Marc Riboud est sous les flashs de cette dixième édition

 

21.09.2009

Florence VERGNE

 

Pour une fois, ce n'est pas lui qui est derrière l'objectif. Mitraillé de toutes parts hier lors de l'inauguration de BarrObjectif, Marc Riboud, 86 printemps, figure du photo-journalisme, est tout de même venu appareil photo en bandoulière. L'invité d'honneur de la dixième édition du festival de photo-reportage a même immortalisé quelques instants de cet anniversaire. Le vieil homme a déambulé dans le bourg, découvrant les clichés d'autres professionnels mais aussi ceux des amateurs.

Album photo en plein air

Il s'est rendu dans la prairie où ses photos sont agrafées sur des panneaux de bois à côté de celles des neuf autres invités d'honneur des précédentes éditions. Il passe devant ses clichés sans manifester d'émotion particulière. Il prend le temps d'observer les images de ses confrères. Mais déjà le temps presse. Les élus s'impatientent sur la place du village: Marc Riboud est attendu pour le coup d'envoi officiel de BarrObjectif. L'inauguration débute... avec quasiment une heure de retard!

«Circulez, y'a quelque chose à voir!», lance à

la foule Christian Jorgensen

, le président de La Coulée douce, association qui pilote le festival. Effectivement, il y a beaucoup de choses à voir: un millier de photos grand format réalisées par une quarantaine de photographes sont placardées un peu partout dans le bourg. Un bourg flambant neuf, comme s'en est félicité le maire, Paul Gaildraud. «Nous tenions à ce que l'aménagement du bourg soit terminé pour le vernissage. Le pari n'est pas complètement tenu (...) On aurait aimé que le hangar soit réhabilité car il va être transformé en hall d'exposition. On aurait aimé que Barrobjectif l'étrenne!» Tant pis pour cette année, les organisateurs savent déjà qu'ils disposeront d'un nouveau lieu pour la prochaine édition. En attendant, le public a jusqu'à dimanche prochain pour feuilleter ce grand album photo en plein air.

 

 

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La Charente Libre, vendredi 18/09/2009

 

L'ÉTERNEL VOYAGEUR FAIT UNE PAUSE À BARRO

Marc Riboud, figure du photo reportage, participe dimanche à Barr0bjectif. Toujours entre deux avions, à 86 printemps

Thierry CORDEBŒUF

 

Marc Riboud, figure de la célèbre agence Magnum, est l'invité d'honneur de BarrObjectif, qui démarre demain

Marc Riboud arrive de Rome où il supervisait la sortie d'un ouvrage sur le Tibet et se prépare à partir en Chine une nouvelle fois. Avant, il était à New York pour une énième exposition, alors que le musée de la vie romantique de Paris lui consacrait une rétrospective. Entre-temps, l'octogénaire a achevé un ouvrage sur l'Algérie et s'envolera bientôt pour l'Arabie Saoudite. Toujours en mouvement, toujours à l'affût, appareil en bandoulière. A 86 ans. Son obsession: «Photographier le plus intensément possible la vie la plus intense».

Entre deux avions, entre deux reportages, Marc Riboud passe quelques heures à Barro, dimanche. Cette figure de l'agence Magnum, dont il fut le président, a accepté de parrainer la dixième édition du festival charentais. Dans la prairie de Barro livrée à la photographie pendant dix jours, l'invité vedette présente une sélection de clichés en format géant regroupée sous le titre: «Mieux vaut en rire». Une aubaine pour un événement culturel qui fête dimanche son dixième anniversaire en compagnie d'un observateur à la fois intransigeant et tendre du siècle passé et du début de ce XXIe. Eternel voyageur hors d'âge qui continue plus que jamais de vivre d'un bout à l'autre de la planète, de Porto Alegre à Barro.

Vous êtes l'invité d'honneur de BarrObjectif. Qu'est ce qui vous amène en Charente, pour présenter quoi ?

Marc Riboud. On m'a invité, donc je viens. Pourquoi j'aurais refusé ? J'avais entendu parler de Barro par des amis photographes à Arles. Pour cette exposition en plein air, j'ai choisi des photos drôles, la plupart inédites. En ces temps de morosité, les gens ont besoin d'humour.

Vous préparez un livre sur l'indépendance de l'Algérie. Plus de quarante-cinq ans après, pourquoi ?

M.R. C'est la volonté de deux maisons d'édition, une française et une algérienne, qui m'ont contacté pour réaliser un livre bilingue sur l'indépendance, avec des textes en français et des textes en arabe. C'est une première, je crois. J'ai couvert les deux dernières années de la guerre d'Algérie, 1961 et 1962, et la bataille de l'indépendance. Je faisais la navette entre Alger et Paris pour apporter mes films et les développer. Je dormais la nuit dans le labo et je reprenais l'avion le matin.

Quel cliché vous a le plus marqué pendant ces deux années ?

M.R. C'est la photo qui illustre la couverture du livre: l'explosion de joie du 5 juillet 1962, quand l'indépendance est proclamée. Je me suis retrouvé au beau milieu d'une foule de milliers de jeunes gens qui dévalaient une colline d'Alger en chantant avec des drapeaux. J'étais tout seul, je pensais aux centaines de milliers de morts de cette guerre, des deux côtés. Je craignais un peu un acte de revanche, mais deux jeunes m'ont aidé à monter sur un camion pour faire mes photos.

Le Tibet est le thème d'un autre livre qui sortira à Noël. Vous en avez publié combien ?

M.R. Je n'en sais rien, une quarantaine je pense. Pour le Tibet, j'ai retrouvé un reportage en couleur que j'ai réalisé il y a vingt-deux ans. Je pensais l'avoir perdu. La maison d'édition Acte Sud a souhaité les publier. Je reviens d'ailleurs d'Italie, où il y a d'excellents imprimeurs, pour veiller à l'impression de cet ouvrage.

Après Barro, vous retournez en Chine. Pour quel journal ?

M.R. Mais je ne sais pas, je ne travaille pas à

la commande. Il

existe des photographes qui ne lèvent pas leurs fesses si on ne leur commande pas un sujet. Moi, j'ai donné aux journaux l'habitude de faire d'abord les reportages, puis de leur proposer. Ils ne prennent aucun risque.

Vous avez 86 ans et vous travaillez encore ?

M.R. Qu'est ce que vous voulez que je fasse d'autre ? Faire des photos, ce n'est pas un travail, c'est un plaisir, même si j'ai souvent vu des gamins mourir à côté de moi. Quand je suis dans ma maison en Touraine, je me promène. Le reste du temps, je fais des photos, je m'amuse.

Le festival commence demain à 16h et s'achève dimanche 27 septembre. Inauguration avec Marc Riboud ce dimanche à midi. Ouverture de 16h à 20h ce samedi, de 14h à 19h du lundi au vendredi, de 10h à 20h samedi 26 et les deux dimanches. Soirée «photographes» avec Catherine Gaudin et Seydou Touré demain à 20h30. Visite commentée de l'exposition à la torche dimanche à 20h30. Entrée gratuite.

 

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BarrObjectif dans la presse

La Charente Libre- le 22 septembre 2008

DU NOIR BOURBIER TCHÉTCHÈNE AUX VERTES PRAIRIES DE BARRO

Invité d'honneur du neuvième festival BarrObjectif, Eric Bouvet présente un poignant reportage sur les soldats russes en Tchétchénie

Thierry CORDEBŒUF

Le visage de la guerre vu par le grand reporter Eric Bouvet. A voir à Barro jusqu'à dimanche

Reproduction interdite.

C'est un trou de verdure où chante la Charente, à Barro, mais ce paisible décor n'atténue en rien le choc que provoquent ces visages de soldats, ces yeux terrifiés, ces têtes féroces, ces scènes de vie dans la guerre, dans la boue, dans la peur. La haine aussi se lit dans les regards de ces jeunes hommes armés jusqu'aux dents, morts, peut-être, aujourd'hui, dans le bourbier tchétchène. Cette drôle de guerre si loin, si proche, Eric Bouvet l'a couverte une dizaine de fois. Comme il a couvert l'Afghanistan, autre plaie saignante du globe.

Intitulé «Les commandos russes d'infiltration et de renseignements en Tchétchénie», le reportage qu'il présente jusqu'à dimanche à BarrObjectif, en version géante, date de dix ans. Il n'en a que plus de force. Pour son invité d'honneur, le plus rural des festivals de photo reportage renoue donc avec la photo de guerre, mise de côté quelques années pour préserver le public.

Il y rentre même de plain-pied avec une quarantaine de clichés grand format qui valent tous les longs discours, plantés dans la petite prairie qui prolonge le bourg. Pas de sang, ou si peu, pas de cadavre. Pourtant, chaque photo prend aux tripes, saisie sur le vif par ce journaliste français qui a choisi de montrer au monde ses pires faiblesses. «Je n'ai pas photographié les tortures, les exécutions sommaires, le viol. Humainement, vous craquez. Mais lors de ce reportage en Tchétchénie j'ai eu la preuve que n'importe quel être humain peut se transformer en bête», raconte pudiquement l'ancien reporter de la célèbre agence Gamma, aujourd'hui indépendant.

«Vivre l'histoire en direct»

Le reportage de Barro, il l'a réalisé dans les environs de Grosny, en compagnie d'un commando russe. «J'ai passé quinze jours avec eux, c'était inespéré». Et terriblement dur, comme en témoigne le commentaire qui accompagne les clichés de Barro, et que l'on peut lire sur le site internet du festival.

 L'exposition de Bouvet est une parmi quarante de cette édition 2008, mais ne laisse personne indifférent. Cette fois-là, comme tant d'autres fois, l'homme qui a couvert la chute du mur de Berlin, la révolte étudiante de Tien An Men ou la libération de Mandela, a manqué d'y laisser

la peau. Qu'est

-ce qui pousse un père de famille de 47 ans à plonger dans les feux de la planète? «Ce métier permet de vivre l'histoire en direct. La photo de presse, je l'ai viscéralement dans

la peau. Ces

soldats russes, comme tous les soldats, ce sont des gamins que la guerre rend fou. S'ils ne tuent pas, ce sont eux qui sont tués». Et la mort qui rôde quand il vit à leurs côtés? «Je me dis souvent: ne pars pas, tu n'es pas obligé. Et puis je pars». Les valises sont déjà prêtes pour rejoindre les montagnes du Népal, et réaliser un sujet sur la faim, cet autre fléau.


Actuellement, Eric Bouvet participe à l'exposition sur les droits de l'Homme présenté au quai d'Orsay à Paris. Ce journaliste bardé de prix, sollicité par les plus prestigieux festivals, n'a pas hésité à dire «oui» à Barro: «Des gens se cassent la tête pour monter des manifestations sur la photo en milieu rural, ils méritent le coup de main», justifie l'invité d'honneur, qui espère être présent en Charente le week-end prochain. Et débattre avec celles et ceux que la folie meurtrière du monde ne laisse pas insensibles.

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Sud Ouest le samedi 20 septembre

Sud_Ouest_samedi_20Près de 1 000 photos affichées dans un petit village de 373 âmes, ça se remarque. Dès ce soir, le festival BarrObjectif recolonise chaque centimètre carré de Barro, dans le Nord-Charente.  La 9e édition de cettemanifestation dédiée au photoreportage conserve la recette initiale, à savoir 80 % de photos de professionnels, 20 %d’amateurs. « BarrObjectif n’a jamais été réservé qu’aux professionnels, confie Catherine Perrier-Dumont, une des ouvrières du festival. Et il n’y a pas de thème imposé. » À Barro, on picore les expos.  Avec, pour ceneuvième tirage, de plus en plus de grands formats qui s’affichent insolemmentdans les rues, les granges, sur lesmurs desmaisons…La force de BarrObjectif réside dans cette particularité.  « Les photos se découvrent à travers ce petit village avec un patrimoine sympathique », poursuit Catherine Perrier-Dumont.

Le festival aime bousculer les lieux traditionnels et le rapport habituel avec la photographie. À ne pas manquer, une magnifique exposition sur les portraits de chevaux, au milieu même de canassons qui se reposent dans la grange. Un événement qui, rappelons-le, se monte sans moyens exorbitants.
« Le seul budget vient des tirages, explique Catherine Pierre-Dumont. On fait notre communication avec les moyens du bord, dont un blog(1).
Et pourtant, avec ses petites ressources, chaque année, BarrObjectif amène de plus en plus de visiteurs (près de 8 000 l’an dernier). C’est presque incroyable que ça marche ! »

L’invité d’honneur de l’édition 2008 se nomme Éric Bouvet. Photoreporter, il a travaillé pour l’agence Keystone, puis Gamma, avant de devenir indépendant.  Ses deux pays de prédilection sont l’Afghanistanet la Tchétchénie.  Dans chacun d’eux, il s’est rendu au moins une dizaine de fois. Son expérience à Grozny s’affichera en très grand format, toute cette édition (lire programme ci-contre).

(1)http://barrobjectif.canalblog.com

Grand format

Barro est un petit village du Nord-Charente à 5 kmde Ruffec (sur la nationale 10 entre Poitiers et Angoulême).
Dès ce soir. Inaugurationde BarrObjectif 2008, ce soir à 18 heures.
Ouvert demain de 10 h à 20 heures.

Soirées « projection photos » avec les photographes à 20 h 30 avecCamille Fresser (une année en Antarctique) etMaurice Cuquel
(Birmanie : l’art conjuratoire de la boxe).

Le reste de la semaine. Ouvert du lundi au vendredi de 14 h à 19 heures. Le samedi 27 et le dimanche 28 de 10 à 20 heures.
Autre soirée, le vendredi 26 septembre à 20 h 30 avecOlivier Laporte et SoizicDrogueux (routes et rencontres duCaucase au cercle
polaire) et le samedi 27 septembre à 20 h 30 (programme à définir). Visite nocturne à la torche commentée par Pierre Delaunay, ce dimanche 21 à 20 h 30.

Entrée gratuite sur le site. Buvette et repas leweek-end.

BarrObjectif en pratique

BARRO. Sur la nationale 10, à 5 kilomètres de Ruffec, le village prend la pose
pour le festival Barrobjectif. Près de 1 000 photos s’affichent dans tous les recoins


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La Charente Libre le 20 septembre 2008

LE GRAND ALBUM DU MONDE

Le neuvième BarrObjectif démarre ce matin. Mille photos grand format attendent les visiteurs

Thierry CORDEBŒUF

Les mille photos sont en place dans tout le village. Place aux visiteurs

Reproduction interdite.

Le point commun entre le naufrage de l'Arche de Zoé au Tchad et les bandes mexicaines? Entre les gamins du fleuve Orénoque au Venezuela et les artistes en scène à Blues Passions, le festival de Cognac? Entre les derniers hippies américains et les jeunes mariés du Ruffécois? Tous sont à Barro à partir de ce matin. Eux et tant d'autres, quarante photographes au total, pros et amateurs réunis, participent au neuvième BarrObjectif, ce grand voyage autour du monde, décoiffant et délicieusement rural. Rues et granges, lavoirs et prairies, tout le village est mobilisé pour ces neuf jours dédiés au photoreportage. Les plus grands sont là, à l'image de l'invité d'honneur, Eric Bouvet, qui présente un poignant «vécu» sur les commandos russes en Tchétchénie. «On en revient à la vraie photo de guerre qu'on avait un peu délaissée après les vives réactions de certains visiteurs», note

Pierre Delaunay, le fondateur de ce rendez-vous original et populaire.

Visite nocturne dimanche

Dans le grand tour du vrai monde, la guerre, hélas, frappe toujours. Elle est donc à Barro. Mais dans ce bourg bon vivant, la beauté aussi court les rues, comme le rire, l'insolite, le bonheur. A Barro, on change de continent à chaque coin de ruelle. Devant la mairie, on plonge dans le paradis blanc de Camille Fresser qui vient de passer un an en Antartique. Ce soir, lors d'une conférence, il raconte cette aventure aussi palpitante qu'inquiétante puisque le jeune chercheur charentais planchait sur la fonte des glaces. Maurice Cuquel, qui présente une impressionnante exposition sur les enfants boxeurs de Birmanie, est également au programme de cette première conférence. Autre temps fort de ce premier week-end, la visite à la torche des mille clichés de ce cru 2008, demain dimanche.

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La Charente Libre le 11.09.2008


BARROBJECTIF EN PIÈCES DÉTACHÉES!

Le festival de photo-reportage installé à Barro donnera son coup d'envoi le 20 septembre. Passageobligatoire: le découpage des photos avant leur installation
   Stéphane RAES

Dernière étape avec l'agrafage des photos dans les rues de Barro, le découpage conclut un travail de plus de six mois

Reproduction interdite.

Fin de soirée mardi dans le tranquille village de Barro. Un attroupement modeste se forme devant l'église. Un autre le rejoint sans tarder, chargé de règles et de cutters, le saluant tant bien que mal au détour d'une main libre. Rapidement, une question revient dans le petit groupe: «Bon, on commence? Mais qui a les clés de la mairie?»

Le problème résolu, le coup d'envoi du découpage annuel des photos est lancé. La voiture, remplie jusqu'à déborder d'une partie des 900 clichés prévus pour le festival, est rapidement déchargée et les bénévoles de l'association «La Coulée douce» installent de larges planches de bois sur les tables de la mairie. Lesrouleaux y sont soigneusement disposés, puis maintenus sous d'épaisses règles métalliques. Pour la première fois, ils découvrent les photos du festival. «Enfin!», s'écrient certains, l'aboutissement d'un long travail se présente sous leurs yeux.

Vêtu d'une veste de photographe griffée à son nom, Pierre Delaunay, le directeur du festival, déploie un immense rouleau d'une quinzaine de mètres. «On a commencé l'impression dès les premières semaines de juin, sourit-il. Il a fallu cinquante heures pour sortir ces trente photos.» Il dévoile des clichés saisissants de jeunes soldats russes déployés en Tchétchénie. La série est réalisée par le reporter de guerre Eric Bouvet, invité d'honneur de cette neuvième édition.

Tandis que les cutters s'activent, les rouleaux défilent sur les établis improvisés. L'opération se déroule dans un curieux pêle-mêle de thèmes et de couleurs: de leur gargote, des paysans chinois observent des boxeurs birmans qui s'entraînent, pendant que Georges Brassens semble célébrer en chanson la libération de Michel Maury-Laribière.

«On ne se prend pas au sérieux»

Depuis 2000, Pierre Delaunay a pris à bras-le-corps l'organisation du festival. Il assume pleinement ce mélange des genres, jugeant les grands rassemblements de photo-reportage souvent trop ciblés à son goût. «Le seul souci, c'est qu'on se prend pas au sérieux», plaisante-t-il tout en séparant une seiche d'une anémone de mer. «Pierrot» est sollicité de toutes parts. De temps à autre, il interrompt son travail de découpe, absorbé par une photo. Le but du festival, explique-t-il, est avant tout de se faire plaisir, à lui et la forte concentration de photographes installés à Barro. L'objectif: faire découvrir dans un cadre orignal des expositions variées, dans l'actualité ou décalées, parfois ludiques comme les «Marcel de la région», ou parfois graves, mais sans donner dans l'excès. «Une année, on a fait trop noir, se souvient un bénévole. Les gens rentraient dans l'église où était exposée une série de clichés sur la faim et en sortaient en pleurant.»

Sans interruption, les découpeurs ordonnent puis empilent les clichés. Le travail est minutieux. Chacun s'applique à respecter les lignes qui démarquent les photos. L'opération est millimétrée et ne laisse aucune marge d'erreur. A chaque passage de cutter, Catherine Perrier, qui se charge depuis le mois de janvier des relations avec la presse et les exposants, retient son souffle. De petits moments de frayeur... pour les clichés, autant que les doigts des bénévoles.

Sans le moindre frais de communication, le festival a rapidement conquis une réputation dans la région, et même au-delà, assure-t-elle. Le rassemblement attire désormais un vaste public, 7.000 visiteurs allant du néophyte au professionnel. «La première année, on avait réussi à obtenir l'accord de Patrick Chauvel, un reporter de guerre mondialement connu, raconte le président de l'association «La Coulée douce». Il a accepté d'exposer ses clichés pour la première fois chez nous. On a reçu des télévisions de la France entière, et même un coup de fil de New York pour savoir où se trouvait Barro.» Un comble, qui ne lasse pas de ravir ce paisible village de 297 habitants.

Article du du GNPP : Groupement des Photographes Professionnels (cliquez sur le lien ci -après)

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