Transporter, Porter,….encore et toujours !

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Dans l’Himalaya, au Népal tout est porté ?

Pas de véhicules de livraison, de voitures jaunes, de klaxonne du boulanger, non, les colis, les cahiers d’école, l’alimentation achetée, les tuyaux plastiques, mes bières, tout est venu au pas de l’homme, sur son dos ou celui d’un âne, d’un mulet.

Les boissons venues de la vallée sont plus chères en haut qu’en bas….et je comprends pourquoi !

Ici les chemins, gagnés sur la pierre, les éboulis, sont entretenus, consolidés après les glissements pendant la mousson. Ces sentiers, où il fait bon marcher, en vacances, les népalais les utilisent au quotidien, dans un sens, dans l’autre, pour monter ou pour descendre, d’une vallée à une autre, du petit village au chef-lieu pour les soins, l’administration, les fêtes, le commerce…pour l’école.

Porteur, tu t’inscris dans ces beaux paysages, mais toi que vois-tu ? Je te vois arrêter, ta charge appuyée sur le mur aménagé, et reprendre des forces. Je te vois dans les rudes montées, le visage ne laissant rien paraître de ton épuisement, les yeux injectés de sang. Silencieux. Tu es payé à la tâche.

Les porteurs que nous utilisons, charge partagée ( enfin à peu près ! ) mangent avec nous et comme nous, y compris la bière partagée à l’étape. Le repas historiquement servit, c’est un immense plateau rempli de riz…avec un peu de lentilles, le Dal Bhat, mangé vite fait avec les doigts. La boisson, pour une question de coût, un thé lait, un thé népalais ou de l’eau de la montagne.

Les caravanes d’ânes se signalent de loin par les sons des clochettes, les cris d’encouragements donnés par l’homme d’accompagnement. Oui il faut utiliser la voix pour stimuler, ralentir la progression, il faut apostropher   la bête belliqueuse. Attention à se mettre du bon côté, pour ne pas risquer la chute. L’odeur de crotte fraîche nous accompagnera souvent sur ce versant de l’Annapurna.

On se double, on se croise, à chacun son rythme, un peu de connivence s’installe ; nous marchons tous , avec à peu près la même cylindrée !

121La technique du portage est-elle culturelle ? Nous, nous portons sur le dos, la charge attachée aux épaules, le népalais en montagne, porte sur le dos , mais la charge est suspendue par un bandeau ( le namlo ) qui prend appui sur le haut de la tête ; dans la vallée de Katmandou, les 2 charges sont suspendues aux extrémités d’un bambou, appuyé sur les épaules.

Je garde un grand respect pour ces humbles, ces anonymes, ces besogneux porteurs.

En faisant le tour de l’Annapurna, on voit des travaux pour réaliser un rêve….faire ce chemin en voiture ! Ici les travaux se font à la main, à la pioche, à la dynamite …sur notre parcours un engin motorisé, genre pelleteuse ! L’agence touristique népalaise , avec son bus, son guide au micro pour commenter ces merveilleux  paysages, ces sommets enneigés, ces plus de 8000m …..un cauchemar ! Je ne sais pas, mais porter encore oui, toujours ! De l’autre côté, on monte jusqu’à Muktinath 3800m en 4X4, sur des chemins poussiéreux.

Bonne route….à pied, avec nos porteurs.

le 23 mai 2011

Michel Béguin

 

 

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